Le capitaine de l'équipe nationale du Togo, dans l'entretien accordé à notre envoyé spécial à Paris était revenu sur l'état d'esprit qui a prévalu dans le groupe durant le regroupement fait dans le cadre des journées FIFA des 23, 24, 25 et 26 mars 2008 à Montreuil. Au-delà du cadre de l'équipe nationale, Sheyi Adebayor a également évoqué son club et les derniers challenges qui l'attendent.
Vous venez de perdre contre la Guinée 0-2. Quels enseignements tirez-vous de cette rencontre ?
Nous avons perdu devant une équipe qui est plus en forme. Mais le match que nous avons joué était plus un match de retrouvailles qu'autre chose. Comme vous le savez, nous avons passé des moments difficiles, il y a eu des hauts et des bas.
Maintenant, il s'agit de trouver des moyens nécessaires pour assurer sur le long terme. Ensemble, nous avons décidé de revenir défendre les couleurs nationales, je pense que c'est un acquis important. Nous allons faire tout possible pour faire revenir l'atmosphère qui régnait avant.
En première partie, vous étiez sur le banc de touche. Comment avez-vous apprécié le jeu produit par vos coéquipiers ?
Le coach Mawuéna avait à l'idée de voir plus certains joueurs qu'il n'a pas l'habitude de voir. De ma place, j'ai vu une équipe très motivée qui a eu deux ou trois occasions avec lesquelles elle peut tuer le match. L'état du terrain aussi n'a pas arrangé nos affaires. Mais, je tiens à féliciter l'ensemble de l'équipe pour le travail puisque ça fait pratiquement plus de six mois qu'on ne s'était plus retrouvé.
Nous allons essayer de nous appuyer sur les points positifs notés tout au long de ce match pour faire des résultats dans les matches à venir.
Avec cette rencontre, on a encore revu une équipe togolaise qui encaisse toujours des buts dans les dernières minutes de la partie.
Nous n'avons pas démarré la rencontre avec la même forme physique. Par exemple, moi, le gros match qu'on a fait contre Chelsea, a déteint sur ma prestation. A cela, il faut ajouter l'état du terrain. Mais, je ne crois pas que nous devons chercher des excuses. Les entraîneurs essayeront de corriger les erreurs pour qu'on soit au même niveau au début des éliminatoires et jouer avec beaucoup de rigueur, de concentration et de motivation.
Pour cette journée FIFA, la Fédération a battu le rappel des joueurs. La vieille garde était présente, la relève aussi. Comment pensez-vous que cet effectif peut être géré ?
Je pense que c'est là où réside le travail. Et il faut trouver un bon entraîneur pour le faire. Pour amener l'harmonie entre deux ou trois personnes, c'est déjà difficile. Maintenant, le faire entre trente ou quarante, c'est encore plus difficile. On va essayer de faire confiance à l'entraîneur. Son objectif, c'est de qualifier le Togo pour la CAN 2010 et pour y parvenir, il ne faut surtout pas se louper pour la première rencontre contre la Zambie que nous pourrions jouer à Accra.
Au-delà de l'entraîneur, le Capitaine a aussi un rôle important à jouer pour que l'harmonie règne dans le groupe, condition sine qua non pour faire des résultats. Quel va être votre rôle en tant que capitaine ?
En tant que capitaine, il s'agit de montrer la voie. Il y a des gens qui peuvent me soutenir comme Agassa, Kader, Olufadé, Tchangaï... pour qu'on tire la barque dans le bon sens. Je ferai partager la petite expérience que j'ai dans le football de haut niveau avec tout le monde.
« Marquer tant de fois »
Quels sentiments avez-vous en voyant en regroupement tous ces joueurs togolais ?
Cela fait plus plaisir qu'autre chose. Avant même ce regroupement, j'étais en contact avec beaucoup qui m'ont confirmé qu'ils seront au rendez-vous. Ce qui me fait le plus plaisir, c'est que tout le monde a accepté de porter à nouveau le maillot national. Ce que nous souhaitions, c'est que ce soit sur une bonne base.
Et quel commentaire faites-vous sur la gestion du football togolais ?
J'aimerais vous en dire un peu plus. Mais, comme je ne suis pas au Togo, je ne peux grand-chose. Tout ce que je vois de loin, c'est que les dirigeants sont en train de mettre en place les structures. Et tout ce que nous, nous souhaitons, c'est que tout soit en place avant le début des éliminatoires.
Parlons maintenant d'Adebayor, le Gunner. Objectif : goal 30. C'est jouable ?
J'ai jamais dit que je vais mettre 30 buts. Quand je l'ai lu dans une interview qui m'est attribuée, ça m'a fait sourire. Je veux marquer tant de fois que je peux. Si cela atteint 30, tant mieux. Qu'importe que ce soit 27, 28, 29, 30 ou 32. L'essentiel c'est de marquer à chaque fois que j'en aurai l'occasion.
L'essentiel pour un attaquant, c'est d'être efficace et de jouer pour son club. C'est vrai qu'on connaît des périodes de réussite et des périodes où on a des difficultés à marquer. Mais, le plus important, c'est de remettre toujours l'ouvrage sur le métier.
Avec vous, les Togolais ont commencé par aimer Arsenal. Mais, depuis quelques journées, vous êtes moins en réussite. Qu'est-ce qui ne va pas ?
Nous avons un effectif assez réduit. Et donc, quand un joueur est blessé, pour le remplacer ça devient un problème. Depuis le début de l'année, on a perdu Thomas Rosicky, l'un de nos meilleurs joueurs. C'est vrai qu'on peut faire quatre ou cinq matches sans ce joueur mais il y a les cas Eboué, Kolo, Sagna etc. Ce sont des choses qui influent considérablement sur le jeu.
L'objectif étant toujours de décrocher le titre en championnat, nous allons essayer de rattraper Manchester United. Ce sera très difficile surtout avec six points de retard mais, nous gardons nos chances si nous maintenons la pression. Car au-delà du titre, il y a aussi la Champion's League.
Quel message avez-vous à l'endroit des Togolais qui vous soutiennent ?
C'est très réconfortant. Je ne peux que les remercier surtout quand des coups de fils pleuvent sur mon téléphone, des textes par-ci, des emails par-là pour me dire qu'on te porte dans notre c½ur, merci pour tout ce que tu fais pour le Togo. C'est vraiment touchant de se sentir soutenu par des milliers de Togolais. Cela me motive dans tout ce que je fais. Car je me dis toujours qu'il y a des compatriotes qui sont en train de me regarder, des compatriotes qui attendent que je leur procure des sensations.
Egalement, je tiens à les remercier pour le vote du meilleur joueur africain BBC 2007. J'aurais l'occasion de le leur dire de vive voix quand je rentrerai au Togo.
Propos recueillis par Dimas DZIKODO
